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  • 2000-2009

Victoria and Albert Museum

The British Galleries

London, UK

1999-2001

Le réaménagement des British Galleries a constitué le projet de rénovation le plus ambitieux du V&A Museum de ces cinquante dernières années. Quinze nouvelles salles, qui occupent deux étages, illustrent, en faisant largement appel à des instruments interactifs, le design britannique du XVIe au XXe siècle. Présentée chronologiquement cette exposition est centrée sur quatre thèmes : le style, les artifices du goût, la vie à la mode, les nouveautés.

Projet muséographique : Dinah Casson, Jon Williams, Casson Mann, Londres

Le défi

Les paramètres clés du cahier des charges du V&A étaient : le design, la fonctionnalité, la value for money ainsi que le respect des délais et du budget prévus. Par ailleurs, le musée cherchait un fournisseur en mesure de développer, construire et installer les aménagements internes.

Le V&A et ses designers recherchaient une vision la plus continue possible des objets à l’intérieur des vitrines : l’idéal aurait été des vitrines entièrement en verre sans aucun encadrement. Étant donné l’impossibilité de les réaliser, les châssis devaient être réduits à leur plus simple expression tout en respectant, bien entendu, les exigences de sécurité.

Ce projet prévoyait 170 vitrines différentes, des dimensions les plus variées, pour exposer des objets hétérogènes et utiliser au mieux l’espace disponible, souvent irrégulier, des salles du musée. Par ailleurs, pour la climatisation, on ne pouvait utiliser que des matériaux passifs ne réagissant pas chimiquement avec les objets exposés. Dernier point, les vitrines devaient avoir des ouvertures très larges et garantir une sécurité absolue pour les opérateurs.

La solution

La mise au point du projet a demandé une collaboration étroite et constante avec les designers et l’équipe chargée de l’élaboration du projet du musée. Des dessins, des tests mécaniques et la construction de prototypes ont permis de réaliser des « familles » de vitrines basées sur sept systèmes d’ouverture différents, quelques-uns de ceux-ci totalement innovants.

L’un des objectifs fondamentaux de ce projet muséographique était de réussir à réaliser de grandes vitrines adossées au mur semblables à des « bulles de verre » donnant l’impression d’« envelopper » les contextes en les protégeant plutôt que de les contenir. Le défi était de réaliser de grandes caisses de verre s’ouvrant par rotation de l’ensemble de la structure de manière à créer la feuillure et, donc, le plan de compression des joints entre le verre et la structure de la vitrine, non pas entre la façade et les parois en verre. Ces grandes caisses sont munies d’une roue amortie dans l’angle opposé à la charnière qui aide le mouvement en soutenant le poids important de la partie ouvrable.

La réalisation des 20 vitrines par galerie, en ligne et à angle (pour une longueur totale de 120 mètres), a demandé de nombreuses portes juxtaposées, sans montants intermédiaires, pouvant s’ouvrir dans des espaces très réduits, ce qui est le cas des vitrines latérales. Par ailleurs, l’utilisation de systèmes d’ouverture coulissants pourvus de joints à lèvre garantit une étanchéité adéquate.

L’expérience des British Galleries a également revêtu une signification précise au niveau de l’ingénierie des tiroirs d’exposition. S’il en existe de nombreux pouvant être ouverts et fermés manuellement qui sont munis d’amortisseurs de fin de course à l’ouverture et à la fermeture, il y en a d’autres qui, par suite de la délicatesse particulière des objets contenus, sont actionnés par un moteur électrique, ce qui garantit totalement un mouvement fluide et uniforme.

Le défi représenté par ce projet venait de ses dimensions : 170 vitrines toutes différentes les unes des autres, 5 000 dessins techniques, 40 000 dessins de construction, 800 étagères en verre pour une superficie totale de 1 600 m2, 205 plaques d’ardoise, 95 plaques de pierre de Florence, 22 types différents de tissu, 60 voyages avec camion à benne pour un total de 90 000 km parcourus, 100 000 heures d’installation.

L’importance de cette expérience a conduit à la publication, en 2004, de Creating the British Galleries, un ouvrage coédité avec le Victoria & Albert Museum qui constitue le quatrième volume des Annales du Laboratorio museotecnico.

Le musée a obtenu l’European Museum of the Year award 2003.

Le projet en chiffres

Surface d’exposition: 3 400 m2; unités d’exposition: 170; longueur de la façade d’exposition: 396 m